Pagaille au Congrès américain, les républicains incapables d’élire un “speaker” – 04/01/2023 à 08:14

Le républicain Kevin McCarthy (C) au Congrès américain, le 3 janvier 2023 (AFP/Mandel NGAN)

Le républicain Kevin McCarthy (C) au Congrès américain, le 3 janvier 2023 (AFP/Mandel NGAN)

Cela ne s’était pas produit depuis 100 ans : Les élus de la Chambre des représentants américaine n’ont pas réussi à choisir un président lors d’une session du Congrès, plongés dans l’incertitude en raison de fortes tensions dans les rangs républicains, les votes ont été suspendus jusqu’à mercredi.

Grand favori pour remplacer Nancy Pelosi, le quinquagénaire Kevin McCarthy a échoué après trois votes consécutifs à calmer la rébellion née d’un groupe de Trumpistes qui le jugent trop modéré. Les élus ont accepté de suspendre leurs votes tout en négociant en coulisses.

Les républicains, qui ont obtenu la majorité à la chambre basse lors des élections de novembre, ont juré d’utiliser leur nouveau contre-pouvoir en ouvrant une série d’enquêtes sur le président américain Joe Biden.

Les compositions de la Chambre des représentants et du Sénat des États-Unis entrés en fonction le 3 janvier et une comparaison avec les compositions des deux assemblées sortantes (AFP / )

Les compositions de la Chambre des représentants et du Sénat des États-Unis entrés en fonction le 3 janvier et une comparaison avec les compositions des deux assemblées sortantes (AFP / )

Mais l’ouverture d’hostilités de ce genre est paralysée par ces querelles internes : les élus de la Chambre des représentants ne peuvent prêter officiellement serment, et donc ouvrir aucune enquête, tant qu’un président n’est pas nommé.

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Donald Trump a en fin de compte critiqué “des troubles inutiles” au sein d’un parti dont il veut obtenir l’investiture pour reprendre la Maison Blanche en 2024.

– 218 voix –

L’élection du “speaker”, la troisième figure la plus importante de la politique américaine après le président et le vice-président, nécessite une majorité de 218 voix. Un seuil que Kevin McCarthy n’a pu atteindre, une vingtaine de Trumpistes sélectionnés ont décidé de pratiquer le sport négatif.

“Cela ne doit pas être pris personnellement, mais l’avenir de notre pays en dépend”, a promis Chip Roy, un élu tumultueux du Texas.

Pourtant, la candidature de M. McCarthy bénéficie d’un large soutien dans son parti : l’annonce de sa candidature mardi à la mi-mandat a été accueillie par de vifs applaudissements dans les rangs républicains.

Au début du troisième tour, une certaine irritation commence à se faire sentir, alors que les républicains plus modérés poussent leurs collègues à se rallier autour de Kevin McCarthy. “Nous sommes venus ici pour faire des choses”, a imploré le chef du caucus républicain Steve Scalise, et les démocrates se sont moqués de lui.

Tout au long de ce processus, le parti de Joe Biden s’est depuis rallié à la candidature du leader démocrate Hakeem Jeffries, applaudissant régulièrement le New Yorker sur l’air de “Hakeem, Hakeem, Hakeem !”.

Mais même l’élu n’a pas assez de voix pour se rendre aux urnes.

L’élection du président de la Chambre des représentants peut être l’affaire de quelques heures… ou de quelques semaines : en 1856, les élus du Congrès n’étaient d’accord qu’après deux mois et 133 tours.

Il semblerait que Kevin McCarthy veuille donner des engagements à ces franges conservatrices afin d’empêcher l’histoire de bégayer : en 2015 il avait déjà échoué de justesse à devenir président de la Chambre des représentants face à une fronde de l’aile droite du parti.

Mais il ne peut pas se permettre d’en faire trop et de s’aliéner les républicains modérés.

Bien que sa marge de manœuvre soit réduite, elle n’a pour l’instant aucun concurrent crédible. Seul le nom du choix de l’Ohio, Jim Jordan, flotte comme une alternative possible, sans que ses chances semblent sérieuses.

– Une aubaine pour Biden ? –

Avec les républicains à la Chambre, Joe Biden et les démocrates ne pourront pas faire passer de nouveaux projets majeurs.

Mais avec le Sénat aux mains des démocrates, leurs adversaires non plus.

Le président américain

Le président américain Joe Biden début octobre à Washington (AFP/Nicholas Kamm)

Seront-ils retranchés dans une opposition systématique ? Cela les obligerait à s’unir, alors que certains de leurs élus – comme lors du vote du budget avant Noël – ont voté avec les démocrates.

Le choix du “porte-parole” sert donc aussi à mesurer sa capacité à nuire au président.

Faire face à une maison hostile pourrait être une aubaine politique pour Joe Biden s’il confirme son intention de se représenter en 2024 – une décision qu’il devrait annoncer au début de cette année.

Le président s’est également gardé de commenter les querelles républicaines, sa porte-parole Karin Jean-Pierre assurant que le leader démocrate “n’interviendrait pas dans ce processus”.

En cas de blocage législatif, il imputera sans doute l’obstruction aux républicains affaiblis, espérant renverser la vapeur en sa faveur.

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