extension géographique et augmentation de l’incidence

Du fait de l’expansion du vecteur, les zones à risque de propagation des arbovirus comme le virus de la dengue (DENV), le virus du chikungunya (CHIKV) ou encore le virus Zika (ZIKV) se multiplient. Aedes albopictuscommunément appelées mouches tigres.

La France dispose depuis 2006 d’un système de surveillance de ces arbovirus (voir encadré), qui permet d’identifier les cas importés de zones d’endémie de ces virus pour limiter la transmission locale sur le territoire français. Depuis que des cas autochtones ont été détectés pour la première fois dans la capitale française en 2010, la prévalence nationale augmente chaque année.

La situation de la dengue dans la capitale française en 2022 apparaît comme exceptionnelle en termes de nombre de centres de transmission et de nombre de cas autochtones. Ainsi, à fin octobre 2022, la surveillance a détecté 65 cas de dengue autochtone, correspondant à neuf foyers de transmission, contre 48 cas détectés au cours des 10 dernières années. Une situation qui n’existe dans aucun autre pays européen, la France est le seul pays à avoir signalé des cas locaux de maladie cette année.

Un article qui vient de paraître dans Eurosurveillance1 Preuve de cette épidémie de dengue inhabituelle sur le territoire français.

3 questions à Amandine Cochet, Direction Régionale Occitanie, DAS et Clémentine Calba, Délégation Régionale PACA, Direction des Régions, DAS.

Dans quelle mesure la situation observée en 2022 est-elle exceptionnelle par rapport aux années précédentes et aux autres pays de l’Union européenne ?

compte tenu de l’histoire du colonialisme par Ah. albopictus, la survenue d’épisodes de transmission autochtone de virus transmis par ce vecteur est désormais attendue annuellement dans le sud de la France. Cependant, en 2022, la capitale française a connu une urgence de transmission de la dengue, que ce soit en termes d’événements de transmission ou de nombre de cas. Depuis la mise en place du dispositif de surveillance en 2006 et avant la saison 2022, 19 épisodes de transmission locale ont été détectés dans la capitale française, soit un total de 48 cas. Sur la seule saison 2022, le nombre de cas a été dépassé, avec un total de 65 cas locaux répartis sur 9 foyers. De plus, 2022 a vu une augmentation de l’intensité des épisodes de transmission, notamment la plus grande épidémie de dengue enregistrée en Europe. Les 34 cas liés à une même chaîne de transmission provenaient de deux communes du département des Alpes-Maritimes. Un autre événement important de cette saison est l’émergence d’épisodes d’infection de la population locale dans les sections qui ont survécu jusqu’à présent. Cette saison, il s’est produit dans la partie occidentale de la région Occitanie : des épidémies locales ont été détectées dans les Pyrénées-Orientales, les Hautes-Pyrénées, le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne, alors qu’auparavant uniquement dans la partie orientale du Gard et de la Région et transmis par les moustiques tigres L’Hérault, longue colonie, a fait face à de telles situations. Le premier épisode de transmission autochtone a également été décrit en Corse du Sud.

Cette année semble d’autant plus inhabituelle que la France est le seul pays européen à signaler des cas locaux de dengue.

Existe-t-il des hypothèses, notamment liées aux conditions environnementales, qui pourraient expliquer le nombre important de populations locales jamais vues en France cette année ? Avons-nous la capacité de caractériser les facteurs climatiques, socio-économiques et environnementaux qui favorisent la transmission ?

Les déterminants de la transmission des arbovirus sont nombreux et largement influencés par les interactions entre les populations de vecteurs, les souches virales, les hôtes et l’environnement mondial.

Premièrement, pour établir un cycle de transmission autochtone, le virus doit être introduit dans la métropole par des personnes infectées se rendant dans la zone où le virus circule. Dans le contexte actuel de mondialisation, les voyages internationaux sont donc un facteur à considérer dans la survenue d’épisodes de transmission autochtone. Cependant, le risque n’est pas directement lié au nombre de cas importés : entre mai et novembre 2022, 255 cas de dengue importés ont été détectés, soit environ trois fois moins qu’en 2019 (657 cas) et 2020 (834 cas). Un déterminant important est la compatibilité du couple vecteur/pathogène : certaines souches virales sont plus adaptées au vecteur continental, et l’introduction d’un seul cas importé peut être à l’origine de la chaîne locale de transmission.

Enfin, les conditions environnementales influencent grandement la répartition géographique des vecteurs, leur densité et leur activité, ainsi que la reproduction et la propagation des pathogènes. Ainsi, la température, les précipitations et l’utilisation des terres affectent l’efficacité du système vectoriel, c’est-à-dire la capacité à faire circuler efficacement le virus. Le printemps et l’été 2022 ont été particulièrement chauds, ce qui peut avoir augmenté l’efficacité de l’activité vectorielle et de la transmission du virus de la dengue.

Des recherches complémentaires sont encore nécessaires pour mieux caractériser les déterminants (climatiques, socio-économiques, écologiques) des épisodes locaux de transmission et leur extension.

*En 2021, 164 cas de dengue ont été rapportés en France métropolitaine.

Comment cette situation d’urgence pourrait-elle affecter la capacité d’identification des cas grâce au système de surveillance mis en place en France ? Quelles mesures faut-il prendre pour assurer sa stabilité ?

Le système de surveillance installé en France métropolitaine est très sensible et unique au niveau européen ; il permet des mesures sensibles de lutte contre les moustiques (voir encadré). Néanmoins, elle mobilise d’importantes ressources humaines et matérielles, notamment lorsque la pression des importations est forte ou face à de multiples épisodes de transmission locale, comme en 2022.

Cette année marque sans doute le début de ce qui nous attend dans le futur dans le cadre de l’expansion continue de l’aire de répartition du vecteur et donc du risque accru dans la zone. à 1mari En janvier 2022, 67 départements métropolitains étaient considérés comme colonisés par le vecteur Aedes albopictus (34 départements en 2016). Les ressources allouées à la surveillance et à la gestion de ces événements de santé publique sont limitées et une réflexion doit être menée pour adapter le système afin d’anticiper l’augmentation des épisodes de transmission autochtone. Ceci est évidemment basé sur la priorité des enquêtes entomologiques ou épidémiologiques.

Les professionnels de santé comme les voyageurs jouent un rôle important dans la prévention des arboviroses en France métropolitaine. La mobilisation sociale et la participation des autorités locales restent les principaux outils de lutte contre les populations de vecteurs pour réduire leur densité et réduire les risques sanitaires qui leur sont associés.

Afin d’assurer la viabilité du système de surveillance, il est nécessaire d’assurer la participation des acteurs clés en intégrant le réseau des laboratoires d’analyses biologiques, de sensibiliser les patients à la nécessité de consulter un professionnel de santé en cas de symptômes et de sensibilisation . Des professionnels de santé pour diagnostiquer ces arbovirus.

[1] Cochet Amandine, Calba Clémentine, Jourdain Frédéric, Gérard Gilda, Durand Guillaume André, Guinard Anne, Equipe d’enquête, Noel Harold, Paty Marie-Claire, Franke Florian. Dengue autochtone en France métropolitaine, 2022 : extension géographique et augmentation de l’incidence. Montre Euro 2022;27(44):pii=2200818. https://doi.org/10.2807/1560-7917.ES.2022.27.44.2200818

Surveillance des arbovirus en France

En raison de l’implantation du vecteur Aedes albopictus En France métropolitaine, la dengue, le chikungunya et le Zika sont observés depuis 2006. Ces arboviroses sont à déclaration obligatoire tout au long de l’année : tout cas biologiquement documenté doit être déclaré par les professionnels de santé auprès des Agences Régionales de Santé (ARS).

Le dispositif de suivi est renforcé chaque année, de mai à novembre, pendant la période prévisionnelle de fonctionnementAh. Albopictus. Les professionnels de la santé, les médecins et les laboratoires doivent immédiatement signaler le risque et l’incidence de la transmission des arbovirus au début de la saison.

De plus, le système automatisé de transmission des résultats des laboratoires Eurofins Biomnis et Cerba permet d’identifier les cas non déclarés. Chaque cas détecté déclenche une enquête épidémiologique de l’ARS et une intervention rapide des services de lutte antivectorielle (LAV) dans les cas potentiellement viraux pour prévenir la transmission locale du virus. On parle du cas autochtone, si la personne n’a pas voyagé pendant 15 jours avant ses symptômes cliniques et a été empoisonnée par un moustique local, elle a été infectée par la piqûre d’une personne porteuse du virus et est retournée dans les zones endémiques.

Le Centre National de Référence des Arbovirus (CNR) est chargé de la confirmation biologique des premiers cas autochtones lors d’un événement local de transmission. Lorsqu’un cas autochtone est détecté, une recherche active est immédiatement menée autour du cas pour déterminer l’étendue de la transmission locale : inspection porte-à-porte dans une zone de 150 à 250 m de rayon, sensibilisation des professionnels de santé et de la presse . diffusion pour sensibiliser le public. Tout cas de transmission autochtone fait l’objet d’une évaluation des risques en termes de sécurité des produits de santé fabriqués par l’homme.

D’autres liens sont fournis

Propagation autochtone du virus de la dengue dans l’UE/EEE continentale, 2010-présent, ECDC, 2022.
https://www.ecdc.europa.eu/en/all-topics-z/dengue/surveillance-and-disease-data/autochthonous-transmission-dengue-virus-eueea

Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) dans la capitale française
https://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/risques-microbiologiques-physiques-et-chimies/especes-nuisibles-et-parasites/article/cartes-de-presence-du-moustique-tigre- aedes-albopictus-en-france-metropolitaine

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