ENTRETIEN. Philippe Rey, nouveau directeur de la rédaction de France Info: “Donner l’information la plus simple, la plus efficace”

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Depuis avril, Montalbanais est en charge de la rédaction de France Info, la troisième antenne la plus écoutée de France. Une belle carrière pour ceux qui débutent à Bas-Quercy Radio.

Philippe Ray est le nouveau directeur éditorial de France Info, une radio d’information régulière avec une audience quotidienne de 4,9 millions d’auditeurs. Tout un parcours pour un garçon de Montauban qui a vécu les aventures de l’émergence de la radio libre dans les années 80. Depuis Paris, le cadet de la fratrie Ray suit l’actualité du Tarn-et-Garonne.

Philip Ray, un mot sur votre parcours. Vous faites partie de la génération des journalistes montalbanais qui ont commencé à travailler dans les studios de la Radio du Bas-Quercy, Place Nationale.

Oui, c’est vrai, j’étais au début d’une aventure de radio libre dans le Bas Querce avec Jean Ressegui, Jean-Wilfried Forkes, Henri Stassine et Patrick Isson. Alors que le célèbre film dit qu’il ne faut jamais quitter Montauban, j’ai quitté ma ville natale en 1988 pour étudier le droit à Toulouse, puis j’ai été diplômé en journalisme à l’IUT de Bordeaux en même temps que Jean-Wilfried. J’ai commencé ma carrière à Radio France Bordeaux-Gironde, où j’ai passé deux très bonnes années.

Puis on vous a suivi sur RMC, Télé Toulouse, iTélé et RTL. Vous souhaitez reprendre la fonction publique ?

Oui, on peut parler d’une double volonté : retravailler dans la fonction publique et retrouver une chaîne d’information continue. J’avais donc deux souhaits concernant l’opportunité présentée par le directeur de France Info, Jean-Philippe Bail. Les événements arrivent naturellement. C’est un bon moment et encore une fois, ça a été pour moi l’occasion de traiter constamment l’information car je pense qu’on peut lui donner beaucoup de sens, de recul et de pertinence.

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France Info, patrie de combien de journalistes ?

Il y a 180 journalistes, 180 cartes de presse, dont la rédaction parisienne, la correspondance et les bureaux. C’est une écriture que je qualifierais de forte, intelligente et sensible. La réactivité est essentielle lorsque vous êtes sur un fil d’actualité constant car vous devez pouvoir traduire et diffuser ces informations très rapidement. Je dis malin, pas pour montrer que c’est idiot, car la particularité du groupe Radio France et de France Info, c’est qu’ils ont une agence qui est une agence de certification de l’information. Il y a des journalistes qui sont là pour enquêter sur les informations lorsqu’elles sortent et que nous en prenons connaissance. Et il ne sera diffusé qu’après vérification.

Je trouve que cela fait gagner du temps lors de la vérification des informations.

Ce filtre est important en déontologie professionnelle.

Oui, vous utilisez ce mot correctement. Même si c’est une perte de temps, je crois que c’est du temps gagné pour livrer une bonne information éprouvée qui reflète la confiance et le respect de l’auditeur envers nous. Dans ce contexte, comme je l’ai souvent souligné, le slogan « The Right Message » est très juste et correspond à la réalité éditoriale. Et puis je dis fort, car il y a une localisation très importante des membres de l’équipe. On s’appuie bien sûr sur 44 stations locales et puis il y a les sélections d’actualité dont le service public est fier. Naturellement, je veux parler de ce qui se passe en Ukraine. Depuis le 24 février dernier, il n’y a plus d’équipe de Radio France et surtout pas d’équipe de France Info.

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Vous mentionnez les faits saillants de l’actualité. France Info a-t-il profité de la crise du Covid en termes d’audience ?

Naturellement. France Info a pour objectif de fournir l’information la plus simple et la plus efficace, l’information de service pendant la crise du Covid. France Info a profité de cette situation et a alors pu montrer son niveau, sa valeur, la qualité de ses reportages. France Info, de par sa nature et sa structure, je dirais par DNA, est la radio vers laquelle on se tourne quand il y a de l’information. Il existe un formulaire réflexe pour activer France Info. Nous capitalisons sur le fait que nous pouvons fédérer de nombreux auditeurs autour de cette actualité. Être sur le podium est déjà un très bon résultat, mais je pense qu’il faut s’appuyer dessus pour faire comprendre à l’auditeur que notre principe est aussi une explication. La pédagogie de l’information est importante. Sans les éléments de compréhension pour savoir de quoi on parle, on ne peut pas bien comprendre le sujet.

La radio peut-elle encore se réinventer, trouver de nouvelles façons de rester un média aussi populaire que jamais ?

Je crois que cet outil populaire le restera. Je pense que nous avons tous des réflexes et des automatismes, était-ce les générations précédentes qui parlaient de transistors et étaient chez eux ou là et s’arrêtaient à telle ou telle station, ou les générations d’aujourd’hui qui consomment un peu et écoutent la radio ? en faveur d’internet… Comme Radio France et France info, tout l’intérêt d’être numérique d’abord et fortement numérique, c’est que les jeunes puissent entrer dans l’antenne de France Info par cette porte. Tout ce dont vous avez besoin est une bonne radio à écouter.

Montauban fait partie de ces villes reposantes. J’essaie de m’y remettre le plus possible.

Revenons aux racines du Tarn-et-Garonne. Qu’est-ce qui vous rattache à Montauban, aujourd’hui grande ville d’Occitanie, ville d’art et d’histoire, mais aussi ville du rugby ?

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Je vais acheter les trois cas. Le rugby, bien sûr, car même si je sais que la période actuelle n’est pas des plus faciles, je suis toujours avec beaucoup d’attention les résultats de ma chère USM. L’histoire de Montauban me rappelle, pour moi, la ville associée à l’Espagne, où les républicains et le président Azania se sont réfugiés. Et puis l’art, parce que je n’ai pas oublié Ingres, je n’ai pas oublié Bourdelle non plus, et je noterai que la rénovation récente du musée Ingres-Bourdelle est vraiment de très bon niveau. Se connecter avec sa ville natale permet de garder les pieds bien ancrés sur terre, de ne pas se livrer à des choses qui peuvent sembler inutiles, artificielles et parfois secondaires. Ce sont les racines, je pense qu’il ne faut jamais les oublier. J’aime la simplicité du Sud-Ouest et la chaleur du Sud-Ouest. J’essaie de revenir à Montauban le plus souvent possible. Je pense que ces villes sont plus relaxantes que ce qu’elles sont, en termes de ce qu’elles montrent, notamment au niveau des bâtiments. Aujourd’hui, je comprends qu’il faut parcourir cette distance et être un peu plus calme.

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